TONY MWABA RÉVÈLE LES DÉLICES DE LA GRATUITÉ AUX DÉPUTÉS NATIONAUX

C’était un rendez-vous que tous les députés nationaux attendaient. Normal, parce que la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire a connu quelques difficultés en son début, occasionnant parfois des mouvements de grève et privant ainsi les élèves de leur droit le plus fondamental, l’éducation. Devant les élus du peuple à la chambre basse du parlement, le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST), le Professeur Tony Mwaba Kazadi a rencontré en toute clairvoyance les préoccupations du député national, Floribert Loola Ekofo, auteur de la question orale avec débat sur les conditions socioprofessionnelles des enseignants congolais, mercredi 01 décembre 2021. Avec beaucoup de maestria, le Ministre a structuré ses propos sur la situation de l’enseignant avant la gratuité (2018-2019), après la mise en œuvre de la gratuité (2019-2020) et après l’investiture du Gouvernement Sama Lukonde en avril 2021, des révélations chiffrées qui lui ont valu la clameur.

Dans la première phase de son intervention qui concernait la situation de paie des enseignants avant la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire en RDC, le Professeur Tony Mwaba a rappelé que l’enseignant de territoire touchait 156.688 FC, celui de chef-lieu 156.688 FC, l’enseignant de ville (Lubumbashi et Kinshasa) 171.688 FC et celui d’école de référence 171.688 FC. Il a révélé aussi que les frais de fonctionnement pour toutes les écoles primaires étaient fixés à 45.000 FC, l’effectif des enseignants payés 410.256, les établissements payés 42.194, ce qui faisait une enveloppe globale de 70.698.053.973 FC dont 66.202.905.570 FC pour les salaires et 4.495.148.403 FC pour les frais de fonctionnement.

En abordant la situation de paie des enseignants à partir de la mise en œuvre effective de la gratuité, deuxième phase de son discours, le numéro un de l’EPST a précisé que sur instruction du Chef de l’État, le Gouvernement de la République avait décidé de mettre en œuvre cette disposition constitutionnelle par paliers. Le premier palier qui a été mis en œuvre entre septembre 2019 et janvier 2020, dit-il, a consisté à la prise en charge des enseignants non payés (N.P) de tous les niveaux scolaires (132.645 au total), l’octroi et le réajustement des frais de fonctionnement alloués aux écoles primaires et aux bureaux gestionnaires, l’allocation des frais de fonctionnement aux écoles primaires de Kinshasa et Lubumbashi, l’augmentation des salaires de tous les enseignants en ramenant le salaire de l’enseignant le moins payé à l’équivalent de 100$, l’octroi des indemnités de transport et de logement aux enseignants de Kinshasa et des Chefs-lieux des Provinces.

« Cette décision historique a fait passer l’enveloppe mensuelle de paie des enseignants de 70.698.053.973 FC en août 2019 à 112.784.780.079 FC en septembre 2019, une augmentation nette de 42.086.726.106 FC (60%) d’un mois à l’autre. Puis de 112.784.780.079 à 134.612.944.378 FC en janvier 2020, soit une augmentation de 19% d’un trimestre à l’autre. Un remarquable progrès dans l’histoire récente de notre pays », a fait savoir le Professeur Tony Mwaba.

En outre, le Ministre a rassuré les députés nationaux que les augmentations opérées sur le traitement salarial des enseignants n’ont pas créé des zones salariales.

« Le salaire de base est le même pour tous les enseignants de Kinshasa ou des Provinces. La seule différence réside dans l’octroi des indemnités de logement et de transport. Cependant, pour plus d’équité dans le traitement salarial des avantages accordés aux enseignants, le Gouvernement de la République a décidé d’octroyer, dès la paie du mois d’octobre 2021, une prime de brousse aux enseignants des Territoires non bénéficiaires des indemnités. Cette prime de brousse 20.000 FC par enseignant sera graduellement majorée pour atteindre 75.000 FC par enseignant », a-t-il martelé.

Dans la troisième phase de son intervention axée sur l’avènement du Gouvernement Sama Lukonde, le Professeur Tony Mwaba a mis en exergue plusieurs actions menées en 7 mois par l’Exécutif national, afin de consolider et pérenniser la gratuité de l’enseignement primaire, et améliorer en même temps la gouvernance du Ministère de l’EPST. Il a notamment évoqué : La fiabilisation du système informatique du SECOPE par la mise en place des contraintes qui empêchent automatiquement l’insertion des informations non conformes, la fiabilisation du fichier paie par son nettoyage afin d’en élaguer les cas non conformes, la transparence dans la gestion du fichier paie par sa mise en ligne, la mise à la retraite progressive de 87.000 enseignants, la transposition des grades des enseignants, le lancement de la caisse de retraite des enseignants, la prise en charge progressive de 61.000 Nouvelles Unités (N.U) du secondaire, le réajustement des frais de fonctionnements des écoles primaires à hauteur de 20,25%, la clarification du champ d’application de la gratuité de l’enseignement conformément à l’article 43 de la Constitution, le paiement de l’acompte de la prime de brousse (20.000 FC / 75.000 FC), le paiement de toutes les N.U. du niveau maternel, le paiement des 457 N.U en remplacement des inspecteurs du niveau primaire, le paiement de l’acompte du 2ème palier (20.000 FC / 250.000 FC), la prise en charge totale de l’épreuve du TENAFEP édition 2020-2021, le lancement de la campagne : « Pas d’école sans bancs », l’installation de la Mutuelle de Santé des Enseignants de l’EPST (MESP) à Mbuji-Mayi, le lancement de l’enseignement à distance, l’obtention de la signature du Décret portant création du Fonds de Promotion de l’Education et de la Formation (FPEF), et bien d’autres réalisations.

Le Ministre de l’EPST a démontré noire sur blanc que la gratuité de l’enseignement primaire, telle que pilotée à l’ère du Gouvernement Sama Lukonde propose plus des solutions que des problèmes, au bénéfice des enseignants qui d’une part, s’aperçoivent de l’amélioration graduelle de leur situation socioprofessionnelle dans l’espoir de voir leur noble métier attirer à nouveau la convoitise. Et d’autre part, les parents qui ont la possibilité d’économiser leurs ressources.

Le Professeur Tony Mwaba a cependant demandé à la représentation nationale de prévoir pour 2022 un budget conséquent à la commission ECOFIN, pour relever d’autres défis liés à la gratuité de l’enseignement primaire.

L’exposé du Ministre a eu non seulement l’avantage de dissiper tous les malentendus autour de la mise en œuvre de la gratuité mais surtout de démontrer la volonté du Gouvernement pour la réussite de cette disposition de la constitution de la République.

Christian BELLA

Site Officiel MINEPST