Évaluation des élèves et des enseignants du primaire : le PASEC présente son rapport

Ce rapport présenté par deux experts congolais à savoir  le Professeur Crispin Mabika de l’Université de Kinshasa « UNIKIN » et le Chef de Travaux  Jovin Gratien Makala de l’Institut Supérieur de la Statistique « ISS » fait état d’une grande proportion d’élèves en début et en fin de scolarité primaire en dessous du seuil « suffisant » des compétences en langue et en mathématiques, respectivement  58,4% et 23,1%.

Le même rapport relève   une faible proportion d’enseignants avec un niveau de maitrise des contenus disciplinaires en langue et en mathématiques, soit 16, 3% appartenant au niveau 3 de l’échelle des compétences en langue, et 6,7% au même niveau de l’échelle des compétences en mathématiques.

Les résultats de ce rapport du  Programme d’Analyse des Systèmes Éducatifs de la CONFEMEN « PASEC »  sont une poussée d’adrénaline à la volonté du président de la République Félix TSHISEKEDI de relever le niveau de l’éducation, notamment par l’application de la mesure constitutionnelle de la gratuité de l’enseignement primaire, dont le suivi est assuré par le Professeur Tony Mwaba Kazadi, Ministre national de l’EPST.

Lors de l’atelier de restitution de ce  rapport d’évaluation (PASEC 2019) tenu à Kinshasa du 11 au 13 mai 2022, Basile-Xavier Tankeu, conseiller technique au PASEC, structure clé de la Confédération des Ministres de l’Éducation des États et Gouvernements de la Francophonie « CONFEMEN »  a souligné  deux particularités qui ont caractérisée  cette étude par rapport à celle de 2014.

 La première,  relative à la forme,  concerne  la participation du Gabon,  de la Guinée,  du Madagascar et de la RDC. Ces pays   se sont ajoutés aux 10 pays évalués précédemment.

 La seconde,  relative au fond, concerne l’ajout de l’aspect  évaluation  des enseignants sur le contenu de la matière et la didactique au niveau des disciplines à enseigner.

Diallo Fatimata qui représentait le secrétaire général de la CONFEMEN a, quant à elle, salué la bonne foi des parties prenantes à appuyer le financement de l’éducation « qui permet l’opérationnalisation à une grande échelle de la vision respective des États et Gouvernements, membres sur l’éducation ».  a-t- martelé.

Elle a aussi soulevé   les avantages à long terme des investissements dans l’éducation.  « Si vous considérez l’investissement sur l’humain, toutes ces incidences, tout son impact sur le développement socioéconomique de chacun déjà sur le plan individuel, collectif, politique et national,…je pense que c’est un investissement majeur pour lequel il ne faut pas tergiverser », a-t-elle ajouté.

Selon elle, la bonne éducation s’avère une arme efficace pour lutter contre les immigrations et les exodes urbains qui frappent plusieurs pays et villes africains : « Nous sommes tous témoins de ce que l’ignorance apporte dans le monde d’aujourd’hui…toute la situation de l’abandon de la jeunesse qui fait de la méditerranée son tombeau…tout ce que connait l’Afrique sub-saharienne et francophone peut être résolu par l’éducation, à long et à moyen terme », a-t-elle fait savoir.

Pour le SPACE, un des partenaires de la CONFEMEN en RDC, cette étude est la bienvenue pour sa contribution au renforcement du système éducatif congolais qui « tient à l’évaluation des acquis scolaires, qui reste  un des déterminants majeurs pour la qualité de l’éducation ».

Cet atelier de restitution du rapport  d’évaluation (PASEC 2019) s’est terminé par une série  de recommandations  faites au gouvernement de la RDC par le Programme d’Analyse des Systèmes Éducatifs de la CONFEMEN « PASEC », pour améliorer la qualité de l’enseignement en RDC. Il s’est agi par exemple de    renforcer les premiers apprentissages, l’accompagnement des enseignants et les composantes de la gestion de l’éducation  et organiser massivement les campagnes d’alphabétisation des adultes dont les femmes.

Bruno NSAKA et Thierry MBEBANGU

Site Officiel MINEPST