EPST: Le Cadre stratégique pour l’enseignement secondaire en voie d’être mis en œuvre

Les différents cadres et acteurs du système éducatif congolais ont pris part à la présentation du rapport provisoire relatif à la mise en place d’un cadre stratégique assorti d’un plan d’action pour l’enseignement secondaire en RD Congo.

Cette activité d’importance a eu lieu le 30 octobre à Kinshasa et le 1er novembre dans les provinces du Haut-Katanga (Lubumbashi) et du Nord-Kivu (Goma).

C’est une étude d’une centaine de pages commandée par le Ministère de l’EPST et réalisée par le groupe Cayambe Education sur financement de la Banque Mondiale à travers le PEQPESU. Elle a pour principal objectif de contribuer à l’amélioration du système éducatif congolais dans son ensemble.

Présentée aux Directeurs chefs de service de l’EPST, aux Experts du SPACE et du monde professionnel ainsi qu’aux syndicats de l’EPST, cette étude, résultat d’une enquête réalisée entre février et septembre 2019, met en exergue d’importantes différences régionales en termes de scolarisation mais également d’offres scolaires. Cette disparité est perceptible au niveau des options techniques qui sont plus concentrées dans les grandes villes.

Adapter l’enseignement secondaire aux besoins économiques réels

Pour Jean-Pierre Jarousse, Expert du groupe Cayambe, « il y a beaucoup de provinces où la seule offre possible est l’option pédagogique. C’est un vrai problème alors que la stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation prévoit de diversifier cette offre et d’aller vers une réduction des études pédagogiques. La moitié des écoles du pays n’ont que des options pédagogiques, c’est un vrai souci. La stratégie nationale avait l’ambition de réorganiser un peu l’offre, mais c’est plus qu’une réorganisation. A la place, il va falloir créer de filières techniques ».

Pour y parvenir, a-t-il conseillé, « il faudrait favoriser les provinces les plus en retard dans l’objectif de l’enseignement de base défini au niveau national, mais aussi dans l’objectif d’adaptation de l’enseignement secondaire aux besoins économiques régionaux ».

Prenant la parole à son tour, M. Delon Kampay, Directeur national du Service de contrôle et de la paie des enseignants (SECOPE), a salué la qualité du travail abattu par le groupe Cayambe, avant de plaider pour un rééquilibrage des options techniques au niveau des provinces.

Et lui de poursuivre : « cette implantation doit être encadrée par des mesures d’accompagnement. Car la plupart des options techniques, à l’instar de l’informatique, sont implantées dans les grandes agglomérations ».

Delon Kampay a également posé le problème lié aux épreuves certificatives à la fin du primaire et au cycle terminal de l’éducation de base. Au lieu de deux épreuves, le Directeur national du SECOPE propose l’organisation d’une seule évaluation pour limiter les dépenses.

De son côté, la Secrétaire générale du Syndicat des enseignants du Congo, Cécile Tshiyombo, a proposé la mobilisation des ressources humaines, matérielles et financières pour implanter l’enseignement technique dans l’arrière-pays.

« L’enjeu est de permettre à ces écoles d’être capables de mettre en place des produits qui doivent être versés sur le marché de l’emploi », a-t-elle souligné.

Les participants ont dix jours pour déposer leurs amendements

A Goma, dans la province du Nord Kivu, le même exercice de restitution de l’étude a été fait. Les participants représentants des organisations ciblées du secteur éducatif ont apprécié les conclusions de l’étude qui présente une image réelle de notre système éducatif et dont l’application des recommandations apporterait un nouveau souffle au secteur éducatif. Prisca Luanda Kamala, Ministre provinciale de l’Education du Nord Kivu, a invité les acteurs de sa province à une réflexion profonde et réaliste en vue d’enrichir cette étude en tenant compte des spécificités de leur milieu.

A Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, après la présentation du rapport par le consultant Crispin Ngulungu, les participants ont posé une série de questions dont les réponses ont conduit à la validation unanime du rapport provisoire relatif au cadre stratégique de l’Enseignement secondaire en RDC.

Le Directeur provincial de la province éducationnelle du Haut Katanga I, Jean-Modeste Bulaya Losombe, a lancé un appel pressant à la prise de conscience pour une nette amélioration de la qualité des enseignements en RD Congo.

Il convient de noter qu’un délai de dix jours a été accordé aux participants pour proposer des amendements avant la validation finale de la stratégie et du plan d’action de l’enseignement secondaire.

Pour rappel, ce rapport ainsi que le plan d’action du cadre stratégique doivent être restitués et validés par les comités techniques provinciaux de l’éducation et la formation en provinces. C’est ce qui justifie l’organisation des ateliers en provinces et par le comité de concertation sectoriel de l’éducation à Kinshasa.

James IYOLO

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