L’histoire racontée a-t-elle toujours sa place  dans la formation des enfants en République Démocratique du Congo ?

Alors qu’elle était une courroie de transmission de la sagesse et de la vraie information vécue par nos ancêtres, détenteurs de la tradition orale, l’histoire racontée perd de plus en plus sa place au sein de la société. Aujourd’hui, d’aucun n’accorde  encore de la place à l’histoire dans la formation des apprenants.

Une erreur qu’a cherchée à corriger le centre Wallonie-Bruxelles. Dans le cadre de la colonie des vacances initiée  par  une équipe de Wallonie-Bruxelles à Kinshasa, une série de forums a été organisée avec les enfants sous forme de salon de danse, la musique de théâtre et la Littérature pour compléter la formation pendant les vacances.

Pendant 5 jours soit du 04 au 08 juillet 2022, les enfants venus des différentes écoles de la ville province de Kinshasa, ont suivi cet atelier sur l’histoire du pays, tirée du livre « L’histoire de la RDC racontée à nos enfants »,  la vraie histoire racontée différemment  de celle enseignée à l’école.

 Près de 15 enfants dont l’âge nagé entre 8 ans et 15 ans, ont appris par cette occasion la Littérature. La quarantaine restante s’est partagée entre atelier, danse et musique.

Faire en sorte que les enfants s’approprient la vraie histoire du pays était la mission essentielle poursuivie par cette colonie des vacances organisée par le formateur Edmond Moïse qui avait accepté que les enfants occupent pendant 5 jours le centre Wallonie dans la commune de la Gombe.

Au cours de ces activités, un accent particulier a été placé sur l’implication des enfants par rapport à leur expression en langue nationale. Pour la plupart de ces jeunes qui ont pris part à cette colonie, le français est  utilisé  comme langue maternelle et les brefs enseignements étaient dispensés en Lingala comme langue source et en français comme langue d’appui.

Yann Kheme, enseignant de français et des Littératures aux Humanités, a fait savoir que la volonté de la reconstruction de la mémoire collective existe dans le chef de beaucoup d’enseignants mais l’implication des autorités habilitées fera évoluer la question. Il a affirmé qu’il est difficile de changer les choses lorsque les enfants lisent des livres racontés d’un point de vue européen.

« En tant qu’enseignant, nous avons besoin des supports lors que ceux-ci font la part belle à l’histoire telle rédigée par les colonisateurs et que les enfants ont accès à ces livres-là, comment voulez-vous que nous puissions changer la manière d’enseigner à nos enfants ? ». s’est demandé monsieur Yann Kheme. Par contre,  que les enseignants se battent à leur niveau sans trop se faire accompagner, avec les efforts personnels, on peut décoloniser mentalement  en mettant un accent sur les auteurs congolais et Africains.

Il faut noter que  lors de ces activités,  c’est un livre de l’histoire racontée aux élèves écrit par les deux Congolais entre autres  Martin Kalulambi et Donatien Dibwe et dirigé par le Congolais Isidore Ndayiwel qui a été exploité.  Le même livre a été illustré des dessins et est destiné aux enfants de l’école Primaire.

Signalons aussi  que le livre qui a servi à l’exploitation lors de la colonie des vacances a été préfacé par l’actuel président de la République Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Il convient de dire que le centre qui a abrité les activités est un haut lieu parmi tant d’autres de la culture Congolaise et favorise les échanges entre artistes du Sud et ceux de Wallonie-Bruxelles. Ce centre est situé en plein centre-ville,  sur l’avenue de la Nation N° 206, dans la commune de la Gombe à Kinshasa la capitale.

Deleine Diazolakana et Thierry Mbebangu

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