Conférence sur l’éducation et la protection de la petite enfance en Ouzbékistan OTTO Michel établit un  parallélisme avec les trois axes de la SSEF 2016-2025

Depuis plusieurs années, les spécialistes de l’éducation mettent un accent particulier  sur les avantages de débuter  la scolarité des enfants par le préscolaire. Car plusieurs études  ont démontré que les enfants qui commencent la scolarité par le préscolaire apprennent facilement et sont plus efficaces. C’est dans cette optique que les gouvernements du monde entier ne ménagent aucun effort pour non seulement promouvoir l’éducation de la petite enfance, mais aussi en assurer la protection.

Ainsi, cette problématique sur  l’Education et la Protection de la Petite Enfance (EPPE) a fait l’objet des échanges lors d’une conférence organisée   du 14 au 16 novembre 2022 à Tachkent, en Ouzbékistan. Ces assises ont réuni plus  de 2860 participants venus  des quatre coins du monde, tous ou presque acteurs de l’éducation.

Présent pour le compte de la République Démocratique du Congo, OTTO Michel, inspecteur et expert de l’enseignement préscolaire, a mis  en exergue le parallélisme entre les interventions de différents participants à ces assises et trois axes de la Stratégie Sectorielle de l’Education et de la Formation (SSEF 2016-2025), dans le rapport qu’il établit. Ces trois axes sont, l’accès, la qualité et la gouvernance. La SSEF 2016-2025 est un document qui sert de  boussole au gouvernement congolais dans la matérialisation  de   différentes réformes du système éducatif congolais.

LA QUALITE

Selon la SSEF 2016-2025, la qualité des apprentissages  concerne le niveau préscolaire, primaire, secondaire, etc. Pour ce qui est du préscolaire par exemple, ce document préconise l’amélioration de la formation des éducateurs avec l’introduction de modules de prise en charge des jeunes enfants dans les humanités pédagogiques.

Cet objectif de la SSEF converge avec l’intervention du Dr Tariq de Dubaï Cares lors des assises de Tachkent : « il faut des  programmes innovants et une attention particulière sur la formation des enseignants. Il est important de mettre sur pied l’indice de développement de l’EPPE », a-t-il fait savoir.

Cloe Farer recommande quant à elle aux acteurs du préscolaire  la maitrise du fonctionnement du cerveau de l’enfant. Selon elle, le cerveau joue un rôle important dans  l’acquisition des connaissances : « la connaissance du fonctionnement du cerveau de l’enfant est essentielle pour tout enseignant et tout autre opérateur pédagogique car, poursuit-elle, il a un impact sur l’acquisition des connaissances et le développement des compétences par l’apprenant ».

Pour Paul Lesman, faire intervenir les jeux dans l’apprentissage joue un rôle prépondérant dans l’amélioration de sa qualité : « il n’est pas question seulement des jeux d’origine occidentale, mais plutôt des jeux contextualisés aux cultures de chaque région, de chaque peuple », a-t-il déclaré.

Enfin, une bonne alimentation contribuera grandement à l’amélioration de la qualité des apprentissages.

L’ACCES

L’une des priorités de la SSEF est la scolarisation primaire universelle. Pour ce qui est du préscolaire, ce document envisageait que l’accueil des enfants devrait atteindre 15% en 2025 en taux brut contre 4,7 % en 2014, notamment dans les milieux ruraux.

Cet objectif est quasiment irréalisable car, selon le rapport établi par OTTO Michel, le taux d’accès des enfants au préscolaire est de 5,6% en RDC, alors que la SSEF arrive à terme en 2025. Le même rapport révèle que le gouvernement envisage garantir la scolarisation de 80% des enfants dans les écoles maternelles du pays d’ici 2030.

Les conférenciers de Tachkent sont  aussi revenus  sur la nécessité pour les gouvernements de mettre en place des lois et d’assurer leur applicabilité, en faveur de l’EPPE. Ces lois devraient permettre l’accès au préscolaire à tous les enfants quels que soient leurs statuts sociaux et garantir l’équité.

Ces lois par ailleurs existent déjà dans certains pays de l’Afrique subsaharienne, mais souffrent d’application, a noté Sidibé Dédéou Ousmane, ministre malienne de l’éducation.

D’autres parts, les gouvernements doivent lutter contre ces facteurs qui ralentissent l’accès des enfants à l’école. Il s’agit de « situations d’adversité, de violence, d’agression, de survie, etc. »

Les pays prenant part aux assises ont partagé leurs expériences sur les stratégies mises en place pour accroitre l’accès des enfants au préscolaire. Le rapport établi par Otto Michel parle par exemple des « bus écoles », pratique qui consiste à amener  « les enfants dans les villages reculés dans les bus-écoles pour des enseignements appropriés »

En Ouzbékistan par exemple, des dessins animés sont conçus et diffusés  pour attirer les enfants à l’école. Des écoles maternelles mobiles ont été également mises en place avec des enseignements précis, notamment en langues nationales.

LA GOUVERNANCE

Pour ce qui est de l’amélioration de la gouvernance du secteur de l’éducation, le gouvernement a levé l’option de faire participer beaucoup de ses partenaires. Parmi eux l’on peut citer : les confessions religieuses, les communautés locales, les entreprises, les particuliers, les partenaires techniques et financiers, etc.

Le renforcement de la gouvernance devrait passer notamment par  un apprentissage transformationnel  des mentalités en vue d’incruster des valeurs civiques et morales basées sur une citoyenneté responsable.

Une citoyenneté responsable commence par la bonne formation au niveau du préscolaire. D’où, l’exhortation de Nicolas Maduro, le président du Venezuela, aux décideurs de réserver plus d’investissements pour le préscolaire :

 « Il est impensable de financer, d’investir dans l’enseignement primaire sans penser à l’enseignement préscolaire, qui est la base », a-t-il fait savoir

Expert de la RDC pour des questions du préscolaire, Otto Michel salue cette initiative et appelle le gouvernement de continuer à  chercher de telles opportunités de partage d’expériences avec les experts d’autres nations. Il appelle également les missionnaires à organiser des séances de restitution avec leurs compatriotes pour la transmission d’informations et connaissances  acquises lors de telles assises.

Deleine DIAZOLAKANA et Dorcas PELENGAMO

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