Kisantu : Le gouvernement et le banc syndical face au destin de la RDC

« La commission paritaire qui nous rassemble ce jour, constitue un moment de dialogue avec franchise et sincérité entre nous, en vue de trouver des solutions idoines aux problèmes qui empêchent l’atteinte des résultats. Pour cela, j’en appelle au sens de responsabilité et au patriotisme de chacun des participants, puisque la République Démocratique du Congo sera en danger tant que nos enfants qui sont l’avenir de la patrie, n’auront pas suivi convenablement les enseignements, tels qu’inscrit au programme scolaire », a dit le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST), le Professeur Tony Mwaba à Mbuela Lodge, à Kisantu au Kongo Central, lors de la cérémonie officielle de la reprise des négociations entre le gouvernement de la République et le banc syndical, jeudi 28 octobre 2021, des travaux qui ont été suspendus le 29 septembre dernier, peu avant la rentrée scolaire 2021-2022, faute de consensus entre les deux parties.

Ces assises constituent un cadre de réflexion et de proposition des pistes des solutions. Les participants ont la lourde tâche de trouver des solutions durables et urgentes aux revendications des enseignants, à savoir :

– Le paiement du deuxième et troisième palier du salaire des enseignants ;
– La prise en charge des Nouvelles Unités (N.U) ;
– La suppression des zones salariales ;
– Le paiement du solde de la prime de brousse ;
– La réhabilitation des écoles et des enseignants désactivés.

À cette occasion, il sera également question de clarifier une fois pour toute la sphère de mise en œuvre effective de la gratuité de l’enseignement, histoire de lever définitivement l’option, si c’est au niveau primaire ou si cela a été étendue jusqu’au cycle complet de l’éducation de base.

Le dialogue étant un mode de gestion du système éducatif congolais, le Patron de l’EPST a souligné dans son mot de circonstance que le gouvernement a relancé les assises de la commission paritaire pour assurer sa bonne foi à ses partenaires étant donné que l’arrêté interministériel instituant une commission permanente a été signé, les enseignants désactivés pour absence ont été non seulement réhabilités mais payés. Il s’agit donc d’un engagement de l’Exécutif national pour donner à l’enseignant congolais ce qui lui revient de droit, conformément au protocole d’accord de Bibua.

« Sous l’impulsion du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, le gouvernement Sama Lukonde est résolument engagé dans la concrétisation de la politique de la gratuité de l’enseignement primaire, pour permettre non seulement à nos enfants d’accéder à l’école mais de bénéficier aussi et surtout d’un enseignement de qualité. Pour ce faire, le gouvernement s’est lancé dans un dialogue social permanent avec les représentants des enseignants, car la revalorisation de la profession enseignante est au cœur de ses préoccupations », a déclaré le Professeur Tony Mwaba.

Pour le Ministre de l’EPST, après la réalisation des préalables exigés par le banc syndical, axés sur la signature de l’arrêté interministériel convoquant ces assises, la convocation ce jour des négociations, la réhabilitation des 4 enseignants qui étaient désactivés de leur salaire, le gouvernement voudrait en retour voir une réaction positive du banc syndical, à savoir, l’observance du déroulement normal des enseignements dans tous les établissements scolaires du pays.

Ce préalable du gouvernement a été compris par l’intersyndical, qui appelle les professionnels de la craie à reprendre le chemin de l’école et à attendre les solutions envisagées pour un atterrissage en douceur.

« C’est ici l’occasion de rappeler à nos camarades enseignants de l’EPST qui sont encore en grève de cesser le feu et d’encadrer normalement les élèves dans l’attente des résolutions qui sortiront des présentes assises », a souligné le Porte-parole de l’intersyndical, Godefroid Matondo.

C’est le Vice-premier Ministre, Ministre de la fonction publique, Jean-Pierre Lihau, représentant personnel du Premier Ministre, qui a lancé officiellement la reprise des négociations entre le gouvernement et le banc syndical. Il a conscientisé les deux parties à privilégier l’intérêt général qui demeure l’avenir des enfants congolais, de manière à les permettre d’assumer leur destin, celui de faire de la RDC un pays moderne.

« Deux chemins sont devant nous : celui qui mène difficilement vers la paix sociale et la reprise globale des activités au sein de tous les établissements scolaires du pays et celui qui avec facilité, peut nous entrainer vers des grèves en cascade et le gâchis du cursus scolaire de nos enfants. Face à pareil dilemme, il faut parfois éviter de se ruer précipitamment vers la voie la plus facile », a-t-il dit.

Jean-Pierre Lihau a souligné enfin que pour le Président de la République, Chef de l’État, l’éducation pour chaque enfant congolais n’est plus une option ni même une priorité, elle est devenue une urgence nationale, le préalable des préalables à l’œuvre du relèvement de la nation.

Cette cérémonie d’ouverture des travaux a connu également la participation des députés nationaux, du Ministre d’Etat, Ministre du budget, du Ministre des finances, du Vice-ministre au budget, de la Vice-ministre de l’EPST, des conseillers du Président de la République et du Premier Ministre, du Secrétaire Général intérimaire à l’EPST et des syndicalistes.

Christian BELLA

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