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Anne-Marie NZUMBA NTEBA LUVEFU : « une bonne éducation reçue en famille prépare la jeune fille à devenir la femme de demain »

La femme, souvent présentée comme un être faible, un maillon faible de la chaîne de la société, est pourtant détentrice des potentiels qu’elle ne soupçonne souvent pas. Actuellement, les hommes comme les femmes cherchent à trouver une place dans cette société moderne très souvent stéréotypée, les femmes qui se distinguent des autres sont peu nombreuses. Nous nous sommes entretenus avec Madame Anne-Marie NZUMBA NTEBA LUVEFU , Consultante en éducation, elle assume présentement l’intérim du Coordonnateur de la Cellule Indépendante d’Evaluation des Acquis Scolaires CIEAS en sigle.

Dans son parcours professionnel Anne-Marie NZUMBA NTEBA LUVEFU a exercé les fonctions de Directeur chef de service au Ministère de l’enseignement primaire, secondaire et technique (EPST/Rd Congo) depuis 2003 et a été affecté à la direction des Réformes et Innovations Educatives depuis 2016. Point Focal CIEFFA /RD Congo, (Centre International pour l’Education de la Fille et de la Femme en Afrique, une structure de l’Union Africaine) pendant plusieurs années, elle est Présidente de l’ONG Pôle de Développement pour la Femme, PDF en sigle depuis 1995 à ce jour, une ONG de droit congolais . Pédagogue de formation, elle jouit, d’une longue expérience en matière d’éducation et de la formation de la jeunesse dans notre pays. Elle a bénéficié, tour à tour, de formations de qualité entre autres en éducation relative à l’environnement à l’UQAM , en Planification et Gestion de l’éducation à l’IPEE/ Paris en France, en Analyse et Gestion des politiques sociales à l’IFORD/Yaoundé au Cameroun ; en Genre et Développement à Louvain-la-Neuve en Belgique.

SGC : madame Anne-Marie NZUMBA NTEBA LUVEFU vous êtes mariée et mère de famille parlez-nous de vous ?
Anne-Marie : Merci mesdames, je suis Anne-Marie NZUMBA NTEBA LUVEFU congolaise, originaire de la Province du KWANGO dans le territoire de KASONGO LUNDA ex province du Bandundu. Je suis mariée depuis près de 43 ans et mère de quatre enfants dont trois filles et un garçon. J’ai une licence en pédagogie appliquée en lettres et civilisation françaises de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) à Kinshasa RDC. J’habite Kinshasa capitale de la République Démocratique du Congo. Voilà en quelques lignes ce que je peux vous dire sur moi.
SGC : qu’en est-il de votre parcours professionnel au Ministère de l’enseignement primaire secondaire et technique ?
Anne-Marie : (rire) j’ai débuté ma carrière comme enseignante du cours de français et d’histoire au collège Ntemo des pères Jésuites à Kasongo-Lunda en 1975. J’étais en fait, la première femme à enseigner dans cette école des garçons. Un an après, j’ai été nommée directrice d’école secondaire au Lycée Kuméeso Notre Dame à Pelende dans la province Kwango dans l’ex-Bandundu. C’est à la suite de mon mariage en 1976 que j’ai obtenu le transfert vers Kinshasa où travaillait mon mari comme informaticien.
Je dois ouvrir une parenthèse entre 1993 et 1997 j’ai été Vice-Ministre en charge des affaires sociales du Gouvernement de Transition issu de la Conférence Nationale Souveraine, dirigé par feu le Docteur Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA. Ensuite Ministre de l’Environnement, toujours dans ce même Gouvernement de Transition remanié. Fidèle à ma mission, même pendant les conflits, j’ai été nommé première femme Chef de Division, PROVED, dans la ville de Kinshasa en 2000. Trois années plus tard, je quitte la direction provinciale pour être affecté comme Directeur chef de service dans plusieurs services du Ministère et y demeure à ce jour.
SGC : Par quoi êtes-vous passionnée ?
Anne-Marie : Je suis passionnée de l’éducation à travers l’enseignement , puisque je considère l’éducation comme étant le socle de tout .Je suis également passionnée par l’écriture , la lecture , j’ai d’ailleurs rédigé plusieurs publication par exemple , le manuel de sensibilisation parue en juin 2006 sur la dimension genre dans les systèmes éducatifs formels et non formels et un autre sur le genre et participation de la femme à la vie publique un manuel de formation parue dans les éditions medias Paul en 2016. J’ai participé à l’équipe de conception de la campagne « toutes les filles à l’école » avec l’Unicef je peux dire que j’en suis l’initiatrice
SGC : Quels sont vos forces et quelles sont vos faiblesses ?
Anne–Marie : Ma force réside dans l’éducation que j’ai reçue de mes parents, j’aime que le travail soit fait dans le délai, et que cela soit bien fait, je peux dire que je suis assez perfectionniste. Ma faiblesse je ne peux pas le dire car c’est sont les autres qui peuvent le remarquer.
SGC : Comment vous décrivez-vous ?
Anne-Marie : Je suis une femme et une mère avant tout, je suis chrétienne catholique je crois et défend mes convictions contre et envers tous, je suis une femme de caractère, je ne supporte pas les négligences ou la légèreté surtout dans le travail.
Je suis une personne qui a foi aux autres et pour qui la famille occupe une place très importante, car elle est une cellule mère dans la formation de l’homme avec grand H.
SGC : Quelle vision avez-vous de la femme congolaise en générale et la femme enseignante en particulier ?
Anne-Marie : pour moi la femme congolaise est une femme forte et déterminée, c’est une femme qui rencontre beaucoup d’obstacles sur sa route , mais elle parvient toujours à les surmonter. Comme je l’ai dis plus haut, je suis passionnée par l’éducation au travers l’enseignement , et la femme enseignante est comme une gardienne des connaissance , des valeurs humaines et sociales car c’est une bonne éducation reçue en famille qui prépare la jeune fille à devenir la femme de demain. Seule une femme de caractère et instruite est capable d’élever une nation.
SGC : En rapport avec le thème de cette année sur la célébration de la journée internationale de la femme qui est leadership féminin pour un futur égalitaire dans le monde de la covid19, que vous inspire-t-il ?
Anne-Marie : ce thème ne m’inspire pas, au contraire il me révolte, dans le sens où les hommes ont échoué dans la lutte contre cette pandémie, et veulent faire porter le chapeau à la femme alors que cette dernière a déjà beaucoup agit et la faire porter la lourde responsabilité dans la lutte contre la covid19, à mon avis serait égoïste.
SCG : quelles sont vos ambitions ?
Anne-Marie : Mes ambitions c’est de vivre bien, vivre mieux avec l’aide du Tout Puissant, car j’estime avoir fait ma part, je ne suis pas de celle qui pense que la femme doit se battre pour obtenir quelque chose, au contraire je suis de celle qui pense que ce que l’homme fait de bien, la femme le fait encore mieux.
SGC : Si on vous demandait de conseiller les jeunes filles ou femmes qui veulent faire carrière dans l’administration ou dans l’enseignement quel serait votre conseil ?
Anne-Marie : Mon conseil c’est d’abord avoir beaucoup de patience, ensuite aimez ce que vous faites, avoir aussi beaucoup de volonté, de courage pour défendre vos convictions surtout si cela est juste.
Ensuite je leur dirai de ne pas arrêter de se former de se mettre à jour c’est très important si l’on veut réussir, et elles doivent aussi savoir rester elle-même c’est-à-dire avoir du caractère voilà en quelques mots le conseil que je pourrai prodiguer aux femmes.

SGC : quel est votre mot de la fin ?
Anne-Marie : Mon mot de la fin (rire) la femme elle-même est un leader née, elle détient déjà l’esprit du leadership, et l’homme a aussi pour rôle d’accompagner la femme dans sa quête, la valoriser et la respecter au lieu de la piétiner, la dévaloriser.
Il faut que l’homme cesse d’être par moment égoïste et reconnaissent ses limites, surtout si il se retrouve dans un domaine où la femme excelle.
L’endroit où on apprend à l’homme à valoriser la femme c’est en famille, voilà pourquoi il est important que les parents s’investissent davantage dans l’éducation et l’instruction des leurs enfants.

Lydie MELO et Magalie Mussa

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