LUTTE CONTRE LES VBG DANS LES MILIEUX SCOLAIRES : LES SENSIBILISATEURS EN FORMATION

C’est une lutte sans merci que vient de lancer le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) et ses partenaires contre les violences basées sur le genre (VBG), l’exploitation sexuelles et abus sexuels (EAS), ainsi que harcèlement sexuel dans les milieux scolaires.
En effet, la formation des formateurs vient d’être organisée par l’UNFPA/FRPC, avec l’appui du projet d’équité et de renforcement du système éducatif PERSE qui est un projet de la banque mondiale qui vient en appui de la gratuité de l’enseignement en RDC.
La formation des formateurs pour la campagne radiophonique de communication sur la ligne verte et les services disponibles pour la prise en charge des violences basées sur le genre a été lancée à Kinshasa le 02 février 2022 à Béatrice-Hôtel à Gombe.
Plusieurs personnes ont été invitées pour participer à cette cérémonie. Il s’agit entre autres du Ministre de Communication et Medias représenté par son conseiller, du représentant pays de l’UNFPA, du coordonnateur du PERSE (qui s’est fait représenter), du président de l’UNPC, du Directeur chef de service de la direction de Gestion de Communication de l’EPST, et tant d’autres.
Le représentant résidant des fonds des nations unies pour la population a indiqué dans son allocution que cette campagne s’inscrit dans le cadre du projet de la mise en œuvre des activités de réponse aux violences basées sur le genre (VBG), l’exploitation et abus sexuels (EAS) et le Harcèlement sexuel (HS).
Pour lui, « les violences constituent une grave violation des droits humains ». Elles représentent une menace à la santé, au bien-être, aux opportunités et à la vie des femmes et filles ainsi qu’aux enfants.
Voilà pourquoi il a souligné que le Gouvernement de la RDC, matérialise depuis deux ans sa politique de la gratuité de l’enseignement de base et par cette mise en œuvre, près de 6 million d’enfants retrouvent le chemin de l’école et bon nombre d’entre eux fréquentent le milieu scolaire avec des condisciples moins âgés qu’eux.
Ceci engendre « les conflits de génération » et l’école devient un cadre redouté par certains enfants surtout les filles qui craignent d’être violentées. Pour stopper ces genres des choses, il est important de lutter contre ces abus par la prévention à travers la sensibilisation et la vulgarisation de la ligne verte pour dénoncer tout cas des EAS au sein des écoles a-t-il poursuivi. L’UNFPA, pour bien atteindre ces objectifs, aura besoin des medias pour communiquer sur les moyens de prévention, les services disponibles, le mécanisme d’alerte précoce et de référencement en vue de permettre aux victimes d’EAS/HS d’accéder à la prise en charge, considère-t-il. Notons que l’objectif poursuivi est d’informer les publics sur l’existence du système de prise en charge des VBG et cela se fera signaler par un numéro vert qui sera mis en place.
Le président du conseil de la Fédération des radios de proximité du Congo, a quant à lui demander aux journalistes de « prouver de quoi ils sont capables » à bien communiquer pour rendre public ce qui était hier considéré comme un tabou dans les milieux scolaires. « Car nous sommes un outil très fort pour accompagner le Ministère de l’EPST » a conclu le président de la FRPC avant de rappeler que « les radios de proximité se retrouvent partout sur toute l’étendue de la RDC. Voilà pourquoi on a fait recours à vous acteurs de ces outils ».
Le président de l’Union Nationale de la Presse du Congo est revenu sur les violences qui sont « devenues un fléau dans notre pays et la RDC est qualifiée comme étant la capitale du viol au monde ». D’où l’importance de recourir aux radios de proximité pour dénoncer, surveiller, et accompagner la justice. Il a ensuite demandé aux bailleurs des fonds de continuer à soutenir de telles initiatives jusqu’à l’obtention des résultats.
Le mot de la représentante du PERSE était essentiellement porté sur le regret de voir que les violences ne prennent toujours pas fin dans nos milieux scolaires. Elle a estimé que les VBG ne sont pas seulement « question de la femme mais de tout le monde ». Pour elle, « les filles à l’école ne sont pas des femmes mais plutôt des écolières » pour apprendre afin d’assurer leur avenir.
Quand est ce que les VBG prendront- elle fin, s’est-elle interrogée avant de rassurer que « nous, PERSE travaillons pour un environnement sûr et protecteur pour les enfants ».
Présent à la cérémonie, le Directeur chef de service de la Direction de Gestion de communication de l’EPST a encouragé la fédération des radios de proximité du Congo à organiser plusieurs fois des émissions sur les VBG. Car la gratuité a poussé plusieurs parents dépourvus des moyens à envoyer leurs enfants à l’école. En même temps, il a imploré le PERSE d’aller jusqu’au bout pour stopper les VBG dans nos milieux scolaires pour que les filles se sentent sécurisées.
Le conseiller du Ministre de Communication et Medias a noté que « la problématique des VBG est une réalité dans le monde ». Et pour lui, le Ministre de Communication et Medias n’aménagera aucun effort pour soutenir les radios de proximité qui seront sélectionnées et les journalistes pour mener cette lutte contre les VBG, EAS et HS. « Cette lutte ne peut être gagnée par un seul secteur mais par la mise en commun des forces pour gagner » a-t-il conclu.
Notons que ce projet s’étendra dans 10 Provinces Administratives dont : Ituri, Kasaï Central, Kasaï, Kasaï Oriental, Kwilu, Kongo Central, Kinshasa, Lomami, Nord-Kivu et Sud-Kivu. Chaque province sera couverte par 4 journalistes dont 2 femmes et 2 hommes. Au total on aura 44 radios sélectionnées pour 180 journalistes.
Et cette campagne devra toucher 7.852.904 élèves dont 3.926.452 filles.
Thierry MBEBANGU

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